Prothèses
1. En quoi est fabriquée la prothèse ?

La pièce humérale est toujours métallique ( titane, chrome-cobalt, inox) . La piéce glénoidienne est en polyéthylène parfois fixée sur une pièce en métal (metal-back). Les pièces prothétiques peuvent être cimentées ou non cimentées (press-fit).







2. Comment choisit on le type de prothèse ?
2 cas de figures donc, selon qu’il s’agit d’une arthrose primitive à coiffe saine, ou secondaire à coiffe rompue.


1. Arthrose primitive à coiffe saine :

Dans ce cas, les tendons sont respectés et il faut simplement remplacer les surfaces articulaires détériorées. Comme il y a deux surfaces, la tête humérale et la glène, il faut mettre en place 2 implants ; on parle alors de prothèse totale anatomique. Toutefois si on peut toujours remplacer la tête humérale par une prothèse, il n’en est pas de même pour la glène parfois trop usée pour accepter un implant, et on devra alors se contenter de l’implant huméral ; on parle alors de prothèse humérale simple. Chaque fois que possible, il vaut mieux réaliser une prothèse totale plutot qu’une prothèse humérale simple, le résultat fonctionnel d’une prothèse totale étant meilleur que celui d’une prothèse humérale simple. D’ou l’intérêt de ne pas intervenir trop tard.


2. Arthrose secondaire à coiffe rompue :

Dans ce cas difficile, il faut résoudre 2 problèmes à la fois. Celui de l’arthrose et celui de la rupture de la coiffe des rotateurs. Or il n’est pratiquement jamais possible de réparer la coiffe, les lésions tendineuses étant beaucoup trop sévères et anciennes,et il faut donc en faire abstraction et contourner le problème.
On utilise alors une prothèse totale dite inversée qui permet au muscle deltoide de suppléer l’absence des tendons de la coiffe des rotateurs et de récupérer une certaine mobilité.
Dans certains cas de figure , on se contentera d’une prothèse humérale simple ;soit par défaut lorsque le sujet est trop jeune ou que la dérérioration glénoidienne ne permet pas de mettre l’implant glénoidien , soit dans des cas (rares) favorables à une arthoplastie humérale simple (arthrose excentrée à mobilité conservée…).
Ce choix n’est toutefois pas basé uniquement sur des considérations anatomiques, et d’autres critéres peuvent renter en ligne de compte, ce que vous expliquera votre chirurgien.





3. Quels sont les bénéfices d’une intervention prothétique ?
Le premier avantage est de supprimer la douleur. C’est presque toujours l’élément décisionnel qui motive les patients, et le résultat antalgique apporté est pratiquement toujours obtenu à la grande satisfaction des patients.
Le deuxième est lié à la récupération de la mobilité, la récupération étant toutefois liée à plusieurs paramètres (raideur initiale, qualité des tendons et des muscles…).






4. Quelle est la durée de vie d’une prothèse d’épaule ?
Les prothèses d’épaule font partie des dernières générations de prothèses articulaires après celles de la hanche et du genou dont le recul et l’expérience sont plus importants. Cependant depuis 30 ans qu’ont été réalisé les premiéres poses, les prothèses d’épaule ont rattrapé maintenant leur retard initial et sont devenues aussi fiables que leurs sœurs aînées.

Toutefois la longévité prothétique, surtout pour les prothèses totales anatomiques, est dépendante de 2 facteurs principaux :

1. anatomiques : en particulier de la conservation d’un bon capital osseux glénoidien, et de la trophicité de la coiffe des rotateurs.
2. chirurgicaux : la qualité du résultat fonctionnel mais aussi la longévité restent largement dépendants de la qualité d’une intervention très opérateur dépendante.

Le point fragile des prothèses d’épaule reste cependant l’implant glénoidien, ce pourquoi il faut intervenir dans les meilleurs conditions possibles.

Dans de bonnes conditions de réalisation, le taux de survie d’une prothèse totale anatomique est 90/100 à 10 ans, et de 85/100 à 15 ans. Il est de 95/100 à 15 ans pour les prothèses humérales simples. Il est de 80/100 à 15 ans pour les prothèses inversées



5. Quels sont les inconvénients ?
Les prothèses d’épaule laissent toujours persister un défaut de force (surtout pour les activités bras en l’air), mais ce défaut de force est rarement ressenti chez des patients dont les besoins sont autres.



6. Qu’est ce qu’on peut faire avec une prothèse totale d’épaule et qu’est ce qu’on ne peut pas faire ?
Les prothèses d’épaule permettent de restituer un très bon confort de vie et une fonction acceptable autorisant la reprise d’activités répondant aux besoins de la vie quotidienne (habillage, toilette, cuisine, ménage, conduite…) et de certaines activités de loisirs (bricolage, jardinage, jogging, vélo, natation, golf…).

Toutefois les activités trop physiques, comprenant en particulier des efforts répétitifs, des efforts de soulèvement, sans être contrindiquées doivent rester raisonnables.



7. Si je me décide, comment se passe l’intervention ?
L’intervention est presque toujours réalisée sous anesthésie générale.

• Sur le plan anesthésique, l’intervention est moins lourde qu’une prothèse totale de hanche ou du genou ( par exemple il n’est pas nécessaire de prévoir de transfusion…). Les précautions anesthésiques restent sinon les mêmes.
• La durée d’une intervention est comprise entre 1et 2 heures.
• La mise en place de la prothèse est réalisée soit par voie delto-pectorale( cicatrice à la face antérieure de l’épaule de 10 cm), soit plus rarement par voie supérieure ( cicatrice à la partie supérieure du moignon de l’épaule de 8 cm).



8. Est ce qu’on souffre ?
Non. Les suites sont habituellement peu douloureuses, et les moyens modernes anesthésiques locaux permettent une prise en charge efficace de la douleur.



9. Quelle est la durée d’hospitalisation ?
La durée habituelle est de 5 à 7 jours.



10. Le bras est il immobilisé ?

Non. En dehors d’une brève contention immédiate post-opératoire, le bras est définitivement libre à partir de la deuxième semaine.



11. La rééducation est-elle difficile et longue ?
Non. Elle débute dès le lendemain de l’intervention et sera pousuivie pendant 3 mois.
Au début ce sont des exercices d’assouplissement pour retrouver toute la mobilité passive de l’épaule, puis à partir de la troisième semaine débutent les exercices actifs aidés ou on commence à commander les gestes, puis pour terminer on réapprend à bouger son épaule tout seul.
La balneothérapie lorsqu’elle est assistée peut utilement compléter le travail manuel réalisé par le kinésithérapeute.
Il faut compter 1 mois pour retrouver toute la mobilité passive, et 3 mois pour retrouver un usage normal du bras.



12. Faut il aller dans un centre de rééducation ?
Oui si la personne est seule car elle ne pourra subvenir aux besoins élémentaires (habillage, toilette, repas…).
Sinon ce n’est pas obligatoire et la pupart des patients rentrent chez eux poursuivant leur rééducation près de leur domicile , à condition qu’ils soient pris correctement en charge, car la rééducation post-opératoire sest un élément essentiel de la qualité du résultat fonctionnel.
Certains praticiens travaillent exclusivement avec certains centres de rééducation.



13. Quand peut-on reprendre une vie normale ?
La reprise des activités se fait régulièrement et progressivement entre 1 mois pour les besoins quotidiens et 3 mois pour des activités plus exigeantes ( conduite..)


14. D’autres questions ?
Nous sommes à votre disposition pour compléter votre information