Tendinite de la coiffe
Certains schémas proviennent du livre de Codman, 1934 et d’articles de G Walch et Ch Lévigne
1. Qu'est-ce qu'une tendinite de la coiffe des rotateurs
Il s’agit d’une maladie atteignant dans 98% des cas le tendon sus épineux et entraînant une douleur chronique de l’épaule. Le tendon peut être altéré dans sa partie superficielle, ou sa partie profonde ou dans son épaisseur. Le tendon n’est pas rompu, il conserve sa continuité.


 
2. Quelle en est la cause?
Plusieurs causes sont rapportées :
- Le tendon frotte sur un acromion qui est courbe voire crochu : donc toujours demander une radiographie de l’épaule devant des douleurs.
- Le tendon est soumis à une utilisation excessive parfois inhabituelle en rapport avec des gestes répétés d’élévation du bras entraînant une dégradation progressive du tendon. Hyper-sollicitation du tendon créer une accélération du vieillissement physiologique et des lésions vasculaires altérant la structure tendineuse.
- Parfois les causes s’additionnent : hyper-utilisation du tendon, acromion crochu, patient âgé et lésion vasculaire.



3. Quels sont les symptômes évoquant une tendinite de l'épaule ?
La douleur est le maitre symptome : elle apparaît lors de l’élévation du bras et devient très gênante la nuit. Elle est d’apparition progressive et se localise à la face externe du bras sous l’acromion. Tres souvent, le patient agé de 45-50 ans a effectué un travail durant quelques années qui sollicitait ses membres supérieurs en position surélevée (plâtrier, charpentier, peintre, maçon…). Parfois il s’agit d’une activité inhabituelle mais excessive et soumettant le membre supérieur à des mouvements répétés au dessus de l’horizontal.
L’épaule progressivement s’enraidie et le patient constate une limitation à la fois des rotations mais aussi de l’élévation.
La force est aussi tres souvent diminuée.
Secondairement le patient constate lui-même que ladouleur diminue en laissant pendre le bras.

Si la douleur survient chez un sujet jeune et sportif, en particulier lors de l’armé du bras (mouvement d’abduction et rotation externe) il faudra alors suspecté une lésion de la face profonde de la coiffe des rotateurs.
Il s’agit alors d’un conflit non pas avec la partie antérieure de l’acromion comme il est très classique mais un contact entre la face profonde de la coiffe et la partie postérieure et supérieure du bourrelet.
Ce conflit décrit par Gilles Walch en 1991 et se rencontre très fréquemment chez les sportifs de lancé.



4. Quels examens complémentaires demander ?
Après une première consultation et de façon systématique nous demandons un bilan radiographique standard comprenant :
• 3 incidences de face (rotation externe, rotation interne et position neutre)
• profil de la coiffe des rotateurs(lamy)
• un profil axillaire.

Ces radiographies permettent de visualiser les signes indirects de tendinites :
• un acromion courbe ou crochu sur le profil de coiffe
• un trochiter remanié, condensé
• une calcification est éliminée

En deuxième intention et après échec du traitement médical, une arthrographie couplée à une IRM permet au mieux de définir la lésion tendineuse (superficielle, profonde ou intra-tendineuse), son étendue ainsi que la trophicité musculaire.



Les radiographies mettent en évidence les conflits acromiaux





5. Quel traitement proposer ?
Ce traitement sera dépendant de la cause diagnostiquée par l’examen clinique et les examens radiographiques.

a) le patient présente un acromion crochu responsable du conflit douloureux, nous proposons :
• repos (limité les mouvements d’élévation répétés au dessus de l’horizontal)
• anti-inflammatoire, antalgique plus ou moins associé à une infiltration sous acromiale dans la phase aiguë douloureuse
• rééducation qui a pour but de renforcer les abaisseurs de la tête humérale et ainsi derecentrer la tete humérale (20 à 30 séances).

- Après 6 mois si la douleur persiste malgré un traitement médical parfaitement réalisé, nous proposons une acromioplastie (« rabotage » de l’os de l’acromion ) sous arthroscopie.
- L’arthroscopie est une technique chirurgicale nécessitant une hospitalisation de 48h permettant en même temps que l’acromioplastie de visualiser l’état des tendons de la coiffe des rotateurs.
- Dans les suites opératoires une écharpe est conservée quelques jours en même temps est effectué une autorééducation ainsi qu’une rééducation avec un kinésithérapeute assurant la guérison en 3 à 6 mois.

b) Le patient jeune, sportifi présente un conflit postéro-supérieur, nous proposons :
• un traitement médical consistant en un ré-apprentissage du geste sportif : l’objectif est de renforcer les rotateurs internes, diminuer la force des rotateurs externes et de plus réaliser des exercices d’étirement afin de distendre la capsule postérieur souvent rétractée.
l• e débridement arthroscopique à la fois du bourrelet dans sa portion postérieure et supérieure et de la face profonde de la coiffe des rotateurs ne sera proposé qu’en cas d’échec du traitement physiothérapique effectué sur une période de 6 à 12 mois.

c) le patient présente des douleurs persistantes malgré un traitement médical bien fait avec sur les radiographies un acromion plat et un tendon très altéré (supérieur à 70% de son épaisseur), nous proposons :
• une chirurgie consistant à réséquer la partie pathologique du tendon et réinsérer la partie saine dans l’os.

Cette chirurgie, aux suites longues nous emblent indiquées si les patients coopèrent très activement dans les suites post-opératoires et sont motiver pour continuer leur travail.